Musique

'Hawas', 'Handmade' : Quand Oriental Rime avec Génial

19:00 : Hawas : “Hawas”.

Au programme du mercredi 12 avril, les JMC nous ont invités à découvrir un groupe égyptien relativement peu connu de notre côté du continent. Hawas, qui nous offrent leur projet musical éponyme, est un groupe composé de plusieurs artistes chacun aux commandes de son instrument avec la particularité de compter parmi eux Marouen Faouzi à l’accordéon. Après une entrée sur scène plutôt timide, le groupe débute par une intro assez sombre avant de retourner sa veste et de hausser le tempo.

La surprise n’en a été que des plus agréables, car étant quasiment méconnus du public, Hawas a eu l’occasion de jouer la carte de l’inédit. C’est une musique débordante d’énergie, très digeste, plaisante à écouter à laquelle les spectateurs ont eu droit ce soir. Le chanteur Mahmoud Kahtib nous gratifie d’une voix passionnée, puissante et témoignant d’un côté d’une maitrise technique des plus exceptionnelles, et de l’autre d’un investissement émotionnel et personnel dont seuls les artistes, les vrais, sont capables.

Outre la voix, il est impératif de mentionner les musiciens qui nous ont le plus marqué. En plus de l’accordéon qui dicte la cadence de la plupart des titres proposés, Hisham Anass au luth mérite toutes les éloges du public avec ses mélodies piquantes, son jeu magistral et son feeling inimitable. Il serait également bon de rendre justice à Al Mootaz Bellah, le guitariste du groupe pour sa dextérité hors pair et ses solos ultra-clean à la Carlos Santana. Techniquement parlant, on ne peut faire aucun reproche au groupe. En termes de feeling et d’ambiance, Hawas a également su mettre le feu sur scène en invitant le public à les rejoindre, public qui s’est d’ailleurs montré plus que favorable à en juger par le nombre énorme de gens qui ont pris part à la danse collective et au tonnerre d’applaudissements qui a suivi.20:00 : Tahar Guizani et Mortadha Ftiti : "Handmade".

Après une courte pause, c’est la troupe de Tahar Guizani, compositeur émérite, et du chanteur Mortadha Ftiti qui prend les devants de la scène. A cette occasion, on repart sur la voie de l’éclectisme musical avec un spectacle intitulé « Handmade » qui reste fidèle à son nom. Handmade, qui signifie fait à la main, caractérise à merveille le son auquel nous avons eu droit. C’est, en effet, une musique sortie tout droit des méandres de la créativité tunisienne avec un son débordant de fraîcheur, d’originalité mais en même temps loin d’être totalement inconnu.

Handmade alterne entre sonorités typiquement tunisiennes voire orientales et rythmique occidentale. Ce qui suit est un voyage initiatique durant un peu moins une heure. C’est cela l’un des plus grands reproches, qui n’en est pas un d’ailleurs, que je ferais aux JMC. Certes, nous, en tant que public et amateurs de musique, sommes gâtés par la variété et la qualité des shows proposés. Il est par contre dommage que la programmation soit aussi courte, mais cela reste compréhensible étant donné le nombre d’artistes à mettre en valeur. Le public également en redemande plus et on ne peut que le comprendre.

C’est pour cela que l’Instant M vous recommande vivement, si vous ne l’avez déjà pas fait, d’être présents au rendez-vous des JMC qui prendront fin samedi 15 avril. Il serait dommage de rater cette démonstration musicale aux frontières du génial.

                                                                                                                      Med Amine Sehli