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Human Artistry Campaign : quand 800 artistes réclament un cadre éthique pour l'IA

Date de publication : 26/01/2026

Qu’est-ce que la Human Artistry Campaign ?

La Human Artistry Campaign est une coalition internationale de créateurs, musiciens, acteurs, écrivains, artistes visuels, qui défend une utilisation responsable de l’intelligence artificielle générative.

Son objectif est clair : encadrer le développement de l’IA afin de protéger les droits d’auteur et la créativité humaine.

La campagne ne s’oppose pas à la technologie en tant que telle. Elle affirme au contraire que l’IA peut soutenir la création, à condition de ne pas se nourrir du travail des artistes sans leur consentement ni rémunération. Pour ses membres, l’innovation ne peut se faire au détriment de ceux qui créent.


Le lancement de la campagne « Stealing Isn’t Innovation »

Fin janvier 2026, la Human Artistry Campaign a lancé une initiative d’ampleur intitulée « Stealing Isn’t Innovation » (« Voler n’est pas innover »).

Cette campagne dénonce les pratiques de certaines grandes entreprises technologiques accusées d’avoir entraîné leurs modèles d’IA à partir d’œuvres protégées par le droit d’auteur, sans autorisation ni compensation des créateurs concernés.

En quelques jours, plus de 700 artistes ont signé l’appel, donnant à la mobilisation une visibilité internationale et un poids politique inédit.


Des soutiens de premier plan

La campagne est soutenue par de nombreuses figures majeures du monde culturel, parmi lesquelles :

Scarlett Johansson, Cate Blanchett, Joseph Gordon-Levitt (acteurs)

Vince Gilligan (scénariste)

Cyndi Lauper, Bonnie Raitt, The Roots, R.E.M., Billy Corgan (musiciens)

Au-delà des célébrités, le mouvement rassemble aussi des centaines de créateurs issus du cinéma, de la musique, de l’édition et des arts numériques.

Le message est clair : le débat dépasse largement Hollywood et concerne l’ensemble de la chaîne créative.


Les messages clés de la campagne

a) « Voler notre travail n’est pas de l’innovation »

Pour les signataires, utiliser des œuvres protégées sans autorisation n’est ni neutre ni inévitable.

Ils refusent que cette pratique soit normalisée au nom du progrès technologique et la qualifient clairement de vol intellectuel.


b) Le respect strict du droit d’auteur

La campagne appelle les entreprises d’IA à :

obtenir des licences légales pour les contenus utilisés ;

  • permettre aux artistes de refuser explicitement l’utilisation de leurs œuvres pour l’entraînement des modèles ;
  • concevoir des outils qui complètent la créativité humaine au lieu de la remplacer.


c) Une régulation éthique de l’IA

La Human Artistry Campaign ne rejette pas l’IA générative. Elle plaide pour un cadre éthique et réglementé, dans lequel les créateurs participent aux décisions concernant l’usage de leurs œuvres.


Des enjeux économiques et culturels majeurs

Selon la campagne, l’exploitation non régulée des œuvres artistiques comporte plusieurs risques :

  • une menace directe sur l’emploi dans les industries créatives ;
  • un appauvrissement culturel, avec la prolifération de contenus générés de faible qualité, souvent qualifiés d’« AI slop » ;
  • une perte de compétitivité à long terme, en décourageant la création originale faute de revenus et de reconnaissance.


La défense du droit d’auteur est ainsi présentée comme une condition de survie de l’écosystème créatif, et non comme un frein à l’innovation.


Actions concrètes et solutions proposées

La Human Artistry Campaign avance plusieurs pistes concrètes :

  • la mise en place d’accords de licence transparents entre créateurs et entreprises d’IA ;
  • des mécanismes juridiques permettant un opt-out total pour les artistes qui le souhaitent ;
  • des normes industrielles communes garantissant le respect du droit d’auteur.


La campagne souligne que certains acteurs du secteur ont déjà conclu des accords responsables, prouvant qu’un modèle éthique est économiquement viable.


Pourquoi cette mobilisation est décisive

Il s’agit de l’une des mobilisations les plus visibles et les plus structurées de la communauté créative face aux géants technologiques.

Elle met en lumière :

  • la tension croissante entre innovation technologique et droits culturels ;
  • l’urgence d’un cadre légal adapté à l’IA générative ;
  • l’émergence d’une résistance mondiale face à l’appropriation non consentie de la créativité humaine.


Ce que cela révèle sur l’avenir de l’IA

« Stealing Isn’t Innovation » n’est pas une simple protestation symbolique.

C’est une revendication politique et culturelle pour repenser l’avenir de la création numérique autour de trois principes fondamentaux : consentement, rémunération et respect des auteurs.

À mesure que les IA génératives s’imposent dans les industries créatives, la question n’est plus de savoir si elles doivent exister, mais à quelles conditions.