Après avoir accueilli des légendes comme Star Wars, Indiana Jones et Le Patient anglais, la Tunisie bénéficie aujourd’hui d’une modernisation accélérée du secteur culturel, d’infrastructures qui s’agrandissent, d’incitatifs concrets et d’une visibilité mondiale grâce à des talents comme Kaouther Ben Hania. Entre coûts ultra-compétitifs, proximité avec l’Europe, diversité de décors inégalée et réformes administratives rapides, le pays se repositionne comme une destination de choix pour les superproductions hollywoodiennes, européennes, chinoises ou indiennes. Voici l’analyse complète, actualisée et ultra-détaillée que recherchent producteurs, réalisateurs et investisseurs.
Un héritage cinématographique légendaire toujours vivant
La Tunisie n’est pas une nouvelle venue dans le paysage mondial du cinéma. Dès les années 1970-1980, elle a servi de plateau naturel à des blockbusters qui ont marqué des générations entières.
Les décors de Star Wars (1977, puis les préquelles 1999-2002) sont encore debout : les habitations troglodytes de Matmata deviennent la maison de Luke Skywalker, le village construit à Ong Jemel devient Mos Espa, le canyon de Sidi Bouhlel accueille les poursuites légendaires, tandis que Ksar Ouled Soltane et le Chott el Djerid offrent l’atmosphère aride de Tatooine. Ces sites attirent aujourd’hui des milliers de fans via des tours spécialisés comme Galaxy Tours ou Star Wars Tatooine Tours, qui transforment le cinéma en tourisme durable.
Les Aventuriers de l’Arche perdue (1981) a immortalisé le même canyon de Sidi Bouhlel pour la scène mythique du camion. Le Patient anglais (1996), multi-oscarisé, a utilisé le désert et les oasis pour ses plans épiques. On peut aussi citer La Vie de Brian des Monty Python, Black Gold ou encore de nombreuses coproductions franco-italo-allemandes des années 80-90 qui ont laissé une expertise locale transmise de père en fils chez les techniciens et figurants.
Ces tournages ont créé une mémoire collective et des décors prêts à l’emploi, souvent mieux préservés que dans d’autres destinations. En 2026, ces sites restent des atouts majeurs, d’autant plus que des coproductions récentes comme Agent 86 (Chine-Tunisie, 2024) montrent que le pays attire encore des projets internationaux mixtes.


Une variété de décors naturels impossible à égaler en si peu de kilomètres
En moins de trois heures de route, les équipes de tournage passent du Sahara aux plages méditerranéennes, des ksour berbères aux ruines romaines classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. Plus de 300 jours de soleil par an, une lumière exceptionnelle et une météo prévisible font de la Tunisie un paradis logistique.
Le sud offre le désert infini de Douz, Tataouine et Tozeur avec ses dunes, ses palmeraies et ses lacs salés. Les villages troglodytes et les ksour fortifiés (comme Ksar Ouled Soltane) donnent une authenticité médiévale ou post-apocalyptique parfaite pour science-fiction, fantasy ou films historiques. L’amphithéâtre d’El Jem, souvent appelé « le Colisée du Sud », est un joyau romain intact qui a déjà accueilli des scènes grandioses et reste disponible pour des productions à grande échelle.
Au nord, la médina de Tunis, Sidi Bou Saïd avec ses maisons blanches et bleues, Carthage et ses ruines antiques, les lagunes et les côtes sauvages offrent un contraste urbain ou romantique. Cette diversité permet de tourner plusieurs ambiances dans une seule journée, réduisant drastiquement les coûts de transport et de logistique par rapport à des destinations plus vastes comme le Maroc ou la Jordanie.

Les incitatifs concrets et la modernisation qui changent la donne en 2026
La Tunisie a simplifié drastiquement ses procédures. Le guichet unique au Ministère de la Culture délivre les permis de tournage en seulement 3 à 7 jours maximum, avec un seul document valable sur tout le territoire. Les productions étrangères profitent d’une exonération totale de TVA à 18 % sur l’ensemble des dépenses locales de production (matériel, salaires, locations, sauf hôtels et billets d’avion). Si le projet contribue à promouvoir l’image de la Tunisie, le Ministère du Tourisme peut couvrir jusqu’à 80 % des frais de transport et d’hébergement via des subventions ciblées.
Aucun visa de travail n’est requis pour les citoyens de l’Union européenne et des États-Unis, ce qui élimine des mois de paperasse. Les coûts globaux restent 30 à 50 % inférieurs à ceux de l’Espagne, de la Croatie ou même du Maroc pour des décors équivalents.
Côté infrastructures, Mediwood Studios à Hammamet a signé en octobre 2024 un accord de 3 millions de dollars avec Afreximbank pour une extension majeure : nouveaux plateaux, équipements modernes et potentielle virtual production. Le Centre National du Cinéma et de l’Image (CNCI) multiplie les appels à coproductions avec Eurimages, la France, l’Italie et le Qatar. Des réformes législatives engagées en 2025 visent à renforcer l’attractivité, avec des discussions avancées pour un futur cash rebate plus agressif.
Des talents locaux qui rayonnent à l’international
Kaouther Ben Hania incarne parfaitement cette renaissance : deux nominations aux Oscars en trois ans (The Man Who Sold His Skin puis The Voice of Hind Rajab en 2026), Lion d’argent à Venise 2025. Sa réussite prouve que la Tunisie produit des réalisateurs et des équipes capables de collaborer à haut niveau. Les Journées Cinématographiques de Carthage (JCC), plus grand festival d’Afrique et du monde arabe, restent un rendez-vous incontournable pour les professionnels.
Les techniciens locaux, formés sur les grands tournages des années 80-90, maîtrisent les standards internationaux. Fixers expérimentés (Scouting Tunisia, Fixer Tunisia, Tunisian International Studios) accompagnent les équipes étrangères avec efficacité.

Les défis réels et comment la Tunisie les surmonte
La concurrence reste vive : le Maroc propose un cash rebate de 30 %, la Jordanie jusqu’à 45 %. La perception sécuritaire, parfois encore influencée par des images anciennes, constitue un frein, même si le pays est stable et que de nombreuses équipes internationales y tournent sans incident depuis 2023. Les studios restent en phase de rattrapage par rapport à des concurrents plus équipés.
Les réponses sont déjà en marche : renforcement du dialogue avec le gouvernement pour un rebate automatique, création annoncée d’une Film Commission dédiée à l’international, et mise en avant du storytelling « Star Wars + modernité » pour attirer les investisseurs. Le projet « Destination Tataouine » vise à transformer le sud en véritable hub cinéma-tourisme autour de l’univers Star Wars.
Perspectives 2026-2030 : une croissance exponentielle attendue
Les coproductions avec Netflix, Amazon et Bollywood sont en forte hausse. Les coûts bas, le fuseau horaire identique à l’Europe et la proximité aéroportuaire (Tunis à 2h30 de Paris, Rome ou Madrid) sont des atouts décisifs. Avec la modernisation de Mediwood et les réformes en cours, la Tunisie peut viser 5 à 10 grosses productions internationales par an d’ici 2030, générant des centaines d’emplois locaux qualifiés et un impact touristique majeur.
Verdict sans équivoque : oui, la Tunisie peut et va redevenir une terre d’accueil majeure du cinéma international. Le momentum est là, les fondations sont solides, les talents brillent. Le prochain grand blockbuster pourrait très bien commencer… à Tataouine.
Réponses directes aux questions des producteurs en 2026
Combien de temps pour obtenir un permis de tournage ?
Entre 3 et 7 jours maximum via le guichet unique du Ministère de la Culture.
Existe-t-il un cash rebate automatique ?
Pas encore, mais exonération TVA 18 % sur tous les coûts locaux + subvention jusqu’à 80 % transport/hébergement si valorisation de l’image du pays. Discussions avancées pour un rebate plus direct.
Les équipes étrangères ont-elles besoin de visas de travail ?
Non pour les citoyens UE et USA.
Quels sont les meilleurs mois pour tourner dans le désert ?
D’octobre à mai pour éviter les fortes chaleurs de l’été.
Où trouver un fixer ou local producer fiable ?
Scouting Tunisia, Fixer Tunisia, Tunisian International Studios ou directement via Mediwood.
La Tunisie est-elle sûre pour les grosses productions internationales ?
Des équipes américaines, européennes et chinoises y ont tourné régulièrement ces dernières années sans aucun incident majeur.
Y a-t-il des studios modernes équipés ?
Mediwood Studios à Hammamet vient de recevoir 3 millions de dollars pour son extension et propose désormais des infrastructures adaptées aux standards internationaux.
La Tunisie a déjà prouvé qu’elle savait accueillir le cinéma du monde entier. Aujourd’hui, elle ajoute à son patrimoine naturel et historique une administration simplifiée, des incitatifs concrets et une ambition renouvelée.
Le moment est venu.
Producteurs, réalisateurs, investisseurs : la porte est grande ouverte. Contactez le CNCI ou un fixer local dès aujourd’hui. La prochaine saga qui marquera l’histoire du cinéma pourrait bien s’écrire sous le soleil tunisien.
La photo de couverture est générée par l’IA.
Par SBS
