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Journée mondiale de la photographie : cinq photographes tunisiens qui documentent le pays aujourd'hu

Date de publication : 15/08/2026

À l’occasion de la Journée mondiale de la photographie, nous mettons en lumière une nouvelle garde d’artistes tunisiens. Entre documentaire, art expérimental et explorations architecturales, ces cinq signatures visuelles saisissent les nuances d'une Tunisie en mouvement et redéfinissent les contours de notre identité contemporaine.

La photographie n’est plus seulement une affaire de capture d’instant ; en Tunisie, elle est devenue un laboratoire. Qu’ils manipulent la lumière, l’archive ou le code informatique, les photographes d'aujourd'hui ne se contentent plus d'observer : ils interprètent, fragmentent et réinventent le réel. Pour célébrer cette journée dédiée au huitième art, cap sur cinq profils qui, à travers leurs objectifs, écrivent la grammaire visuelle de demain.

Bachir Tayachi : L'émotion à fleur de peau

Né en 1995, Bachir Tayachi place l'identité et la vulnérabilité au cœur de sa démarche. Son travail, qui mêle photographie, vidéo et dessin, explore les arcanes des émotions brutes. Son ascension fulgurante, marquée par une installation immersive remarquée à la Jaou Biennale en 2024, a confirmé son talent pour transformer une expérience intime, comme le choc d'une rupture, en une œuvre universelle. Un regard puissant qui lui a même ouvert les portes de la prestigieuse couverture de Vogue Man Arabia.

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Amira Lamti : le récit des traditions

Originaire de Sousse, Amira Lamti (née en 1996) pratique une photographie qui fait le pont entre le documentaire et la mise en scène. Son projet au long cours, Bent el Machta, est une immersion dans les traditions féminines et spirituelles du Sahel tunisien. À travers son objectif, elle fragmente le quotidien pour mieux en extraire les gestes sacrés et les rituels de transmission. Une démarche qui lui a valu une sélection aux prestigieuses Rencontres d'Arles, confirmant son statut d'étoile montante de la scène documentaire.

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Zeineb Kaabi : L’art de la donnée

Anthropologue de formation, Zeineb Kaabi (née en 1999) est sans doute la plus expérimentale de cette sélection. Elle hybride les mondes : l'analogique (projections, verre, pellicules) rencontre le numérique et la visualisation de données. Son œuvre Dead Zone, qui interroge l'effondrement des écosystèmes côtiers et la désalinisation, a été exposée de Tunis à Londres. Pour elle, la photographie est un outil narratif pour rendre complexes et visibles les enjeux environnementaux les plus urgents.

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FYMA : le duo qui réinvente l'espace

Composé de Feriel Mesbah (2000) et Yosr Ammar (2002), le duo FYMA propose une lecture architecturale de la Tunisie. Formé en 2024, ce binôme s'éloigne du profil classique du photographe d'art pour embrasser une esthétique de « journal fragmenté ». Elles explorent les volumes, la lumière et l'urbanité, transformant nos paysages quotidiens en une fresque sensible. Une approche atypique qui prouve que la jeunesse tunisienne sait aussi regarder la ville avec une précision architecturale et une âme de poète.

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Skander Khlif : La précision documentaire

S'il est moins « émergent » par l'âge, Skander Khlif est une voix incontournable. Ingénieur tuniso-allemand basé à Munich, il a su imposer son style dans la photographie de rue contemporaine, une discipline exigeante où chaque seconde compte. Lauréat des Photomed-LensCulture Awards en 2017, son travail, notamment sa série sur Tokyo, témoigne d'une maîtrise technique rare. Un artiste qui continue de documenter le monde avec une exigence internationale, tout en restant ancré dans une sensibilité très tunisienne.

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– Asma Ayadi