Portraits d'artistes

Ahmed Landolsi : une trajectoire marquante dans le paysage audiovisuel tunisien

Date de publication : 13/01/2026

Ahmed Landolsi, né en 1983, est aujourd’hui l’une des figures majeures de l’audiovisuel tunisien. Connu du grand public comme acteur, il est aussi producteur et scénariste. Au fil des années, il a construit une carrière complète et a contribué à faire évoluer l’industrie du divertissement en Tunisie.

Des débuts discrets à une carrière solide

Ahmed Landolsi commence sa carrière en 2005, loin des projecteurs. Il fait ses premiers pas comme animateur et chroniqueur dans l’émission Ahla Jaw, présentée par Hela Rokbi. En parallèle, il participe à plusieurs publicités, une étape importante qui lui permet d’acquérir une vraie expérience de terrain.

En 2007, il obtient son premier rôle principal dans la série Layali el bidh (Les Nuits Blanches). Ce rôle marque le début d’un parcours qui ne cessera de s’affirmer.

La révélation avec Maktoub


L’année 2008 change tout. Ahmed Landolsi incarne Mehdi dans la série à succès Maktoub (Destinée). Le public le découvre massivement et il devient rapidement un visage familier de la télévision tunisienne.

Refusant de rester cantonné à un seul type de rôle, il surprend ensuite en interprétant Zied, un criminel, dans Awled Moufida. Ce contraste fort montre sa capacité à se réinventer et à changer totalement de registre.

En 2016, ce rôle lui vaut le prix du meilleur acteur aux Romdhane Awards de Mosaïque FM, une reconnaissance importante dans sa carrière.

Talent ou diplôme : un débat assumé

Ahmed Landolsi s’est aussi exprimé clairement sur la question de la formation académique. Selon lui, un diplôme ne garantit pas une carrière d’acteur. Ce qui compte avant tout, c’est le talent.

Il fait une distinction nette entre un véritable acteur, doté d’aptitudes naturelles travaillées avec sérieux, et un « projet d’acteur » qui possède un diplôme mais manque de talent réel. Sans rejeter la formation, il estime qu’elle doit venir renforcer un potentiel existant.

Cette vision reflète la réalité du terrain, où de nombreux talents sont repérés lors de castings ouverts, y compris sur les réseaux sociaux. Pour lui, une personne issue d’Instagram peut réussir autant qu’un diplômé du Conservatoire, à condition d’être bien encadrée.


Du jeu à la production

Après une période de pause, Ahmed Landolsi revient avec une ambition plus large. Il ne se limite plus à jouer : il produit, écrit et développe des projets de A à Z. Cette évolution lui donne une vision plus globale de l’industrie cinématographique.

Parmi ses projets marquants, Khatem Ellissa, qu’il présente comme le premier film pour enfants produit en Tunisie. À travers ce projet, il affirme sa volonté de diversifier les contenus audiovisuels, au-delà des séries du mois de Ramadan.


Parcours cinématographique

Au fil des années, Ahmed Andolsi s’est distingué par sa présence à la fois dans le cinéma et le court-métrage, interprétant des rôles variés allant de simples apparitions à des personnages principaux. Sa filmographie reflète son engagement et sa polyvalence en tant qu’acteur tunisien, travaillant avec plusieurs réalisateurs renommés. Voici un aperçu des films et courts-métrages dans lesquels il a participé :

  • 2004 : Noce d'été de Mokhtar Ladjimi (invité d’honneur)
  • 2006 : Making of de Nouri Bouzid (invité d’honneur)
  • 2008 : Le Projet (court-métrage) de Mohamed Ali Nahdi : Sami
  • 2018 : Stouche de Karim Berrhouma : l’infirmier de l’autopsie 1
  • 2018 : Damergi de Karim Berrhouma : Naceur Damergi
  • 2018 : Gauche... droite de Moutia Dridi
  • 2020 : Dajjal de Karim Berrhouma
  • 2021 : Hadés de Mohamed Khalil Bahri
  • 2022: Saffeh Nabel


Al Zaïm, un projet ambitieux

Pendant le Ramadan 2025, le public découvre Al Zaïm, un drame sociopolitique réalisé par Hamdi Jouni. Ahmed Landolsi y tient un rôle important, tout en étant producteur et co-scénariste.

La série se distingue par :

Son originalité, avec des personnages proches des Tunisiens du quotidien

Un hommage appuyé à des figures du cinéma tunisien comme Mariem Ben Chaâbane, Atef Ben Hssine et Houssem Sahli

Des conditions de production difficiles, avec le budget le plus réduit de sa carrière, ce qui renforce la valeur du projet


Une vision claire pour l’avenir

Ahmed Landolsi réfléchit aussi à l’évolution du secteur audiovisuel tunisien. Il encourage la production de mini-séries de quelques épisodes, plutôt que les feuilletons ramadanesques de 15 épisodes. Ce format, plus court et moins coûteux, correspond mieux aux plateformes numériques actuelles.

Il affirme également que la violence montrée à la télévision reflète une réalité sociale existante. Selon lui, la télévision ne crée pas la violence, elle la montre pour mieux la comprendre et la dénoncer.


Le cinéma pour enfants, un nouveau pari

Très engagé dans le cinéma jeunesse, Ahmed Landolsi développe actuellement deux nouveaux films pour enfants destinés aux salles de cinéma. Cette orientation traduit sa conviction que le cinéma tunisien doit explorer davantage de genres : films familiaux, aventures, action, et pas uniquement les drames sociopolitiques.