Portraits d'artistes

Leyla Bouzid : La réalisatrice tunisienne qui murmure au cinéma mondial

Date de publication : 12/02/2026

En ce début de Berlinale 2026, qui s'ouvre aujourd'hui à Berlin, les projecteurs se tournent vers la Tunisie avec la sélection en compétition officielle du nouveau film de Leyla Bouzid, À voix basse. Cette réalisatrice, née en 1984 à Tunis, continue de marquer le paysage cinématographique international par ses œuvres sensibles et engagées.


Une enfance imprégnée de cinéma
Fille du cinéaste tunisien Nouri Bouzid, Leyla Bouzid grandit dans un environnement artistique propice à l'épanouissement créatif. Née en 1984 dans la capitale tunisienne, elle s'imprègne dès son jeune âge des débats sur la société et la liberté d'expression qui animent sa famille. En 2003, elle part pour Paris où elle étudie la littérature française à la Sorbonne, avant d'intégrer la prestigieuse école de cinéma La Fémis, dont elle sort diplômée en réalisation.


Des débuts prometteurs aux premiers succès
Leyla Bouzid fait ses armes avec des courts-métrages remarqués. En 2011, son film de fin d'études Soubresauts pose déjà les bases de son style introspectif. Suit Zakaria en 2013, qui explore les thèmes de l'identité et de la migration. C'est en 2015 que vient la révélation avec son premier long-métrage, À peine j'ouvre les yeux, un drame musical se déroulant à la veille de la Révolution tunisienne. Le film remporte plusieurs prix, dont deux à la Mostra de Venise et une nomination aux Lumières pour le meilleur film francophone.
En 2021, elle signe Une histoire d'amour et de désir, qui aborde les thèmes de l'amour, du désir et de l'intégration culturelle à travers l'histoire d'un jeune Franco-Algérien à Paris. Ce film est sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes et récolte des nominations, notamment pour le meilleur scénario aux Lumières 2022, ainsi qu'un prix honorable au Rendez-Vous with French Cinema.

Plus récemment, en 2024, elle contribue en tant que scénariste au film Le pont.


Un nouveau chapitre avec À voix basse
Aujourd'hui, à 41 ans, Leyla Bouzid présente À voix basse (titre original en arabe : بيّت الحس), un film qui explore des thèmes intimes et sociétaux, en lice pour l'Ours d'or au Festival de Berlin 2026.
Cette sélection confirme son statut de voix incontournable du cinéma maghrébin et francophone, avec un total de 14 victoires et 21 nominations à travers le monde.Leyla Bouzid incarne une génération de cinéastes tunisiens qui osent questionner les tabous et célébrer la résilience. Son œuvre, ancrée dans la réalité tunisienne tout en résonnant universellement, promet encore de belles surprises pour l'avenir du septième art.

Par SBS