Né en 1985 à Dahmani, en Tunisie, Nidhal Chamekh vit entre Paris et Tunis. Formé à l’École des Beaux-Arts de Tunis et à l’Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne), il mêle dessin, installation, photographie et vidéo pour explorer l’histoire et la mémoire. Sa démarche, qu’il qualifie de « fragmentaire », s’inspire d’archives personnelles et collectives. Entre 2021 et 2022, il a été pensionnaire à la Villa Médicis à Rome, où il a confronté le patrimoine archéologique de la ville à la culture des communautés exilées.
L’art comme archéologie sociale
Pour Chamekh, l’art se situe « à l’intersection du biographique et du politique, du vécu et de l’historique ». Il déconstruit le réel en juxtaposant images et signes, révélant les écarts entre mémoire et histoire. Ses dessins et installations créent une « archéologie sociale et culturelle », donnant voix aux récits oubliés, souvent issus de documents coloniaux. Comme il le dit : « La pratique artistique est pour moi un besoin vital… créer de nouvelles formes capables de rendre compte du monde qui nous entoure. »

Dans sa série Le battement des ailes (2016-2018), chaque dessin est une « énigme » mêlant gravures anciennes, dessins anatomiques et souvenirs personnels, pour évoquer la fragmentation de l’expérience africaine sous le colonialisme. Avec Nos Visages (2019), il recompose des portraits de soldats africains de la Première Guerre mondiale à partir de magazines coloniaux, effaçant les noms pour faire émerger des histoires silencieuses longtemps ignorées.

Une reconnaissance internationale
L’œuvre de Chamekh a rapidement séduit la scène internationale. Il a exposé à la Biennale de Venise (2015), à la Triennale d’Aïchi (Japon, 2016), à la Biennale de Yinchuan (Chine, 2016) et à la Biennale de Dakar. Ses dessins et installations ont été présentés dans des institutions prestigieuses comme le MAC Lyon, le British Museum à Londres, Art Basel (Bâle) ou le Hood Museum of Art (États-Unis). Ses œuvres figurent dans plusieurs collections publiques majeures, en France et à l’international.
Frictions : une nouvelle exposition à Tunis
Au printemps 2026, Chamekh présente Frictions à la Selma Feriani Gallery à Tunis. Cette série de sculptures et collages explore l’hybridité culturelle en associant systématiquement une sculpture gréco-romaine à un masque africain.

Ces assemblages questionnent les catégories héritées et les récits historiques, en juxtaposant l’art des musées d’antiquités et les collections ethnographiques. Une fois de plus, Chamekh crée des ponts entre passé et présent pour offrir de nouvelles lectures du monde contemporain.

