Artiste pluridisciplinaire et observateur attentif des mutations sociales, Fakhri El Ghezal est une figure majeure de la photographie contemporaine tunisienne. Originaire d’Akouda, une ville située dans la région du Sahel en Tunisie, où il est né en 1981 et où il vit et travaille, il a su imposer une esthétique brute et sensible, loin des clichés touristiques, pour explorer les interstices du quotidien tunisien. Son parcours, marqué par une volonté constante de déconstruire le réel, l'a conduit à une reconnaissance internationale rare : exposer ses œuvres au prestigieux New Museum de New York, faisant de lui l'un des rares photographes tunisiens à avoir intégré les cimaises de cette institution emblématique.
La photographie comme engagement sociétal

Pour Fakhri El Ghezal, l’appareil photo est un outil d’investigation autant qu’un médium artistique. Sa démarche repose sur une immersion prolongée dans ses sujets : capturer l'impalpable, les marges et les silences d'une société en transition. Il refuse le sensationnalisme, préférant une approche documentaire où chaque image raconte la complexité des rapports humains, des paysages urbains ou de la mémoire collective. Comme il le souligne régulièrement lors de ses expositions, son travail vise à « donner une visibilité à ce qui est habituellement invisible », transformant des scènes ordinaires en documents historiques puissants.

À travers ses séries, il explore la fragmentation de l'identité tunisienne et les cicatrices laissées par les changements politiques et économiques. En juxtaposant le banal au tragique, il parvient à créer une narration visuelle qui interpelle, questionne et invite le spectateur à une réflexion profonde sur la condition humaine dans le monde arabe contemporain.
Une reconnaissance sur la scène internationale

Le talent d'El Ghezal a rapidement dépassé les frontières tunisiennes. Sa capacité à saisir l’essence de la Tunisie « de l'intérieur » a séduit les curateurs internationaux les plus exigeants. L’apogée de cette trajectoire est sans conteste son intégration dans des expositions majeures au New Museum de New York, une consécration qui a permis à ses travaux sur la réalité tunisienne de dialoguer avec les enjeux mondiaux de l’art contemporain.

Ses œuvres ont été présentées dans diverses biennales et centres d'art à travers le monde, confirmant que son regard est devenu une référence incontournable pour quiconque souhaite comprendre la vitalité et les questionnements de la scène artistique tunisienne actuelle. Loin de se reposer sur ses lauriers, il continue d'expérimenter, utilisant la photographie comme un levier pour ouvrir de nouveaux horizons narratifs.
2026 : Vers de nouvelles perspectives visuelles

En 2026, Fakhri El Ghezal poursuit son exploration des trajectoires tunisiennes. Fidèle à sa rigueur, il travaille actuellement sur des projets qui continuent d'interroger la place de l'image dans la construction de la mémoire tunisienne. Son ambition reste la même : démontrer que la photographie, lorsqu’elle est menée avec une exigence intellectuelle et esthétique, est capable de transcender les frontières et d'inscrire la Tunisie au cœur des débats artistiques mondiaux.
En mêlant ainsi une approche quasi ethnographique à une sensibilité artistique pointue, Fakhri El Ghezal ne se contente pas de photographier le présent ; il aide à construire le récit visuel d'une Tunisie fière, complexe et résolument tournée vers l'exigence artistique internationale.

