Torkia Labidi incarne une figure où la rigueur de l'historienne rencontre la sensibilité de la romancière. Son parcours est intrinsèquement lié à un héritage familial fort : fille de feu Ibrahim Labidi, historien et auteur, elle a grandi entourée d'une vaste bibliothèque qui a nourri son imaginaire et sa passion précoce pour la littérature arabe et française.
Un parcours académique et littéraire
Titulaire d'une maîtrise d'histoire et d'un certificat complémentaire en sociologie de la faculté des Lettres et sciences humaines de Tunis, elle a poursuivi son cursus jusqu'à l'obtention de l'agrégation d'histoire en 2002. Cette discipline historique ne constitue pas seulement son métier, mais le véritable catalyseur de sa création littéraire, lui permettant de structurer ses récits et de nourrir ses personnages.
Une œuvre ancrée dans la mémoire et l'identité
Ses débuts littéraires dans les années 90 sont marqués par la publication de son premier roman, Les Exilés de Valence (1996), récompensé par le prix COMAR en 1997. Cet ouvrage, qui relate l'épopée d'une famille andalouse s'installant à Tunis, pose les jalons d'une œuvre profondément ancrée dans la veine historique. Sa bibliographie, riche et variée, témoigne de cet attachement :
À toi, Abraham, mon père (2002) : Prix spécial du Jury COMAR 2003 et Prix du CREDIF 2003.
Ouvrages pédagogiques : L'Histoire de la Tunisie pour les enfants (2009) et L'Essentiel de l'histoire de la Tunisie (2012).
Romans historiques : Les Chemins de la Lumière (2016) et La Rivière d'Ispahan (2023).
Méthode et vision

Pour Torkia Labidi, l'écriture n'obéit pas à une règle unique. Selon les projets, elle s'appuie sur une toile de fond historique ou se laisse porter par des figures marquantes, telles qu'Omar Khayyam, Saint Augustin ou Youssef Saheb Ettabaa. Convaincue que la littérature est un tremplin essentiel pour la connaissance et la préservation du patrimoine, elle voit dans le « Verbe » le ciment indispensable à la survie des grandes civilisations.
Regard sur la Tunisie et avenir
Observatrice de la relation ambiguë que les Tunisiens entretiennent avec leur propre histoire dans l'ère du numérique, elle encourage vivement les nouvelles générations à persévérer dans la lecture, qu'elle qualifie de « nourriture de l'âme ». Actuellement, tout en continuant à promouvoir son travail, elle a entamé l'écriture d'un nouvel ouvrage qui s'oriente cette fois vers une thématique sociale en Tunisie.
La rédaction.
