À une dizaine de kilomètres de Jendouba, au pied du Jebel Rebia, Bulla Regia cache une particularité rare : certaines de ses maisons romaines possèdent un étage creusé dans le sol. Plus loin, à Chemtou, d'anciennes carrières ont fourni l'un des marbres les plus prisés de l'Antiquité, le marbre jaune dit numidique. Entre ces deux sites, les forêts d'Aïn Draham et les rives de la Medjerda. Épisode 22 des Itinéraires culturels : cap sur le Nord-Ouest.
L'essentiel à savoir
– Où : gouvernorat de Jendouba, dans le Nord-Ouest, à environ 150 km de Tunis selon les sources. L'autoroute A3 relie Tunis à Bousalem, sur 121 km, dans le gouvernorat.
– Le territoire : 3 102 km², 404 352 habitants, neuf délégations, 120 000 hectares de forêts.
– Ce qu'il faut voir : le site archéologique de Bulla Regia et ses maisons à étage souterrain, le musée et les carrières de Chemtou, la montagne d'Aïn Draham.
– Statut : aucun de ces deux sites n'est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les carrières antiques de marbre numidique de Chemtou figurent sur la liste indicative de la Tunisie depuis 2012.
– Rendez-vous de l'été : le Festival international de Bulla Regia, dont la 50ᵉ édition était programmée du 24 juillet au 6 août 2026 dans le théâtre antique.
Quoi faire ?
Patrimoine et histoire

Bulla Regia s'étend sur environ 67 hectares, à une dizaine de kilomètres de Jendouba et une vingtaine de kilomètres de Chemtou. La date de fondation est discutée : l'Institut national du patrimoine la situe probablement avant le Vᵉ siècle avant notre ère, puis une romanisation progressive après 46 avant notre ère. Sous l'empereur Hadrien, au début du IIᵉ siècle, la cité reçoit le statut de colonie. Une tradition historique rattache aussi son nom à l'époque numide, « Regia » évoquant une résidence royale.
Sa singularité tient à son architecture. Plusieurs maisons de la cité comprennent un étage souterrain, orné de mosaïques. Les chercheurs ont avancé l'hypothèse que ces maisons ont été construites ainsi pour atténuer la chaleur intense. Le terme de « ville souterraine » est toutefois inexact : seules certaines maisons possèdent cet étage, précise La Presse. Parmi elles, la Maison de la Chasse (un escalier de 22 marches et des voûtes en tubes de terre cuite emboîtés), la Maison de Vénus et la Maison du Trésor. La Maison de la Chasse tire son nom d'une scène de chasse, la Maison de Vénus du triomphe de Vénus et la Maison de la Pêche d'une mosaïque d'amours pêcheurs. La Villa des Mosaïques et la Maison de la Pêche font partie des édifices classés.


Le site compte aussi des thermes, dont les thermes d'Iulia Memmia, un théâtre et un amphithéâtre, classés monuments historiques selon l'Institut national du patrimoine. Une visite récente de la direction de l'Agence de mise en valeur du patrimoine a porté sur les chantiers en cours à Bulla Regia et Chemtou, avec pour priorités la sécurité des sites, la création d'un centre d'interprétation et le suivi technique des restaurations. Aucun budget ni calendrier n'était annoncé. Des fouilles récentes ont aussi concerné des églises et un cimetière chrétien byzantin.

À Chemtou, l'antique Simitthus, les carrières ont fourni le marbre jaune dit numidique ou giallo antico, présenté comme l'un des marbres les plus précieux de l'Empire. L'Édit de Dioclétien le classerait au troisième rang d'une liste de dix-huit variétés. L'ancienne cité numide passe sous contrôle romain en 46 avant notre ère. Le musée de Chemtou, ouvert en 1997 grâce à une coopération entre l'Institut national du patrimoine et l'Institut archéologique allemand de Rome, installé dans l'ancienne marbrerie industrielle sur un complexe d'environ 10 000 m², présente le site, la formation géologique du marbre, l'extraction, le traitement, le transport et la vie quotidienne.

Culture vivante

Chaque été, le théâtre antique de Bulla Regia accueille le Festival international de Bulla Regia. Sa 50ᵉ édition, du 24 juillet au 6 août 2026, annonçait une programmation mêlant musique, théâtre et spectacles régionaux, avec une exposition documentaire sur l'histoire du festival.
Nature et activités

La Kroumirie commence à Aïn Draham, à environ 800 mètres d'altitude sur les pentes du Djebel Bir, qui culmine à 1 014 mètres. La ville reçoit environ 1 534 mm de pluie par an, un record national, et de la neige en hiver, au cœur d'une forêt de chênes-lièges. Son nom signifie « source d'argent », et un décret municipal impose toits de tuiles et façades à volets noirs et cadres rouges. Tabarka est à une vingtaine de kilomètres. Le gouvernorat compte aussi plusieurs stations thermales, dont Hammam Bourguiba, Ouchtata et Essahline.


Le coup de cœur de L'Instant M
La descente dans les maisons de Bulla Regia. Peu de sites tunisiens montrent aussi directement comment les Romains d'Afrique ont bâti leurs demeures, et la visite se prolonge naturellement à Chemtou, où l'on mesure d'où venait la pierre qui a fait la richesse de la région.
Quoi goûter ?
Les sources consultées documentent mieux les produits du terroir que des plats précis. Le zgougou, les graines de pin d'Alep récoltées notamment à Aïn Draham, Fernana et Ghardimaou, était vendu 50 à 60 dinars le kilogramme en août 2026. La grenade de Ghardimaou, cultivée sur environ 330 hectares, mûrit à partir d'octobre, et le myrte et le lentisque figurent parmi les produits du terroir recensés par l'Office de développement du Nord-Ouest.
Quoi goûter ?
Les grillades de montagne

À Aïn Draham, la catégorie « Grillades » ressort nettement sur Tripadvisor, où Club of Immigrants est classé nᵒ 1 sur 2 restaurants de grillades de la ville. Les avis y évoquent un chef qui travaille au barbecue, dans un décor de forêt avec des tables en plein air.
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Le gibier, une exception tunisienne

Le Petit Futé précise que la Kroumirie est la seule région de Tunisie où certains restaurants proposent du sanglier, la chasse étant réputée dans la région. Date de l’information à vérifier, et la disponibilité varie selon la saison et la réglementation.
Le zgougou

Les pins de la Kroumirie donnent le zgougou, graines de pin d’Alep, vendu 50 à 60 dinars le kilo en août 2026.
La grenade de Ghardimaou

cultivée sur environ 330 hectares, mûrit à partir d’octobre : c’est donc la saison. Le myrte et le lentisque figurent aussi parmi les produits du terroir recensés.
Où manger
Aïn Draham
La Fougère, restaurant, lounge et salon de thé



Restaurant, lounge et salon de thé de l’avenue Habib Bourguiba, La Fougère est classé nᵒ 2 sur 20 restaurants d’Aïn Draham par Restaurant Guru, avec 4,8 sur 5 . Les visiteurs soulignent une atmosphère agréable, un accueil chaleureux et une vue sur la ville. La carte propose viandes, grillades et escalopes panées, pour un budget indiqué de 20 à 30 dinars par personne. C’est une halte idéale pour déjeuner ou prendre un thé après la balade en forêt.
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Pure Nature Tabarka · Tabarka


Perché sur la route de Malloula, avec vue sur la baie, ce restaurant est classé n° 1 à Tabarka sur Tripadvisor (4,3 sur 5, 47 avis). Au menu : cuisine tunisienne et méditerranéenne, avec poisson grillé, méchouia et mlawi cuites au feu de bois. Vue et fraîcheur sont très appréciées ; l’attente est parfois longue, surtout au petit-déjeuner.
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Où dormir
Charme Hôtels La Forêt · Aïn Draham
Cet hôtel de 66 chambres, au cœur de la forêt d’Aïn Draham, est classé nᵒ 1 sur 4 hôtels de la ville avec 4,7 sur 5. Piscine, spa, restaurant et randonnées en forêt en font une adresse de détente et de nature. Les avis sont très positifs sur le cadre et l’accueil, plus partagés sur le prix. Bulla Regia se trouve à environ 34 km. Tarifs et disponibilités à vérifier auprès de l’hôtel.
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Dar Daniella, Small Design Luxury Hotel · Tabarka


Cette petite maison d’hôtes de caractère, perchée au-dessus du port de Tabarka, offre une vue sur le fort génois et une décoration soignée. Elle est classée nᵒ 1 sur 4 chambres d’hôtes de la ville avec 4,1 sur 5. Les voyageurs saluent l’accueil et la vue, mais deux avis récents critiquent le prix et l’organisation. Tabarka est à une vingtaine de kilomètres d’Aïn Draham. Tarifs et disponibilités à vérifier auprès de l’établissement.
Pour plus d'informations, cliquez ici.
Infos pratiques
Comment y aller depuis Tunis ?
En voiture : environ 150 km, par l'autoroute A3 jusqu'à Bousalem, puis la route vers Jendouba. En train : la ligne Tunis-Ghardimaou, exploitée par la SNCFT, dessert la région ; les horaires sont à vérifier auprès de la SNCFT avant le départ. Un agrégateur commercial indique une durée moyenne d'environ 3 h 30 et trois trains par jour, chiffres non confirmés.
Tarifs et horaires
Une nouvelle grille de tarifs d'entrée est en vigueur depuis le 1ᵉʳ avril 2026 (arrêté du 27 mars 2026, JORT nᵒ 34 du 31 mars 2026). Pour les visiteurs non résidents, elle va de 30 dinars (catégorie A) à 5 dinars (catégorie E), avec 20, 10 et 8 dinars pour les catégories intermédiaires. Pour les Tunisiens et résidents, elle va de 9 dinars à 4 dinars. L'entrée est gratuite le premier dimanche du mois et les jours fériés. La catégorie de Bulla Regia et de Chemtou n'a pas pu être confirmée : à vérifier auprès de l'Institut national du patrimoine. À titre indicatif, une page du site Patrimoine de Tunisie, non datée et probablement antérieure à la hausse, indiquait 5 dinars pour les résidents et 8 pour les non-résidents. Horaires indicatifs de la même page : à Bulla Regia, de 8 h 30 à 17 h 30 en hiver et de 8 h à 19 h en été ; au musée de Chemtou, de 9 h 30 à 15 h, tous les jours.
Meilleure période et durée
Aucune source fiable n'a été trouvée sur ce point. Repères documentés : neige à Aïn Draham en hiver, récolte de la grenade à partir d'octobre, festival de Bulla Regia en été. Recommandation éditoriale : le printemps et l'automne, pour visiter des sites exposés, avec une journée pour Bulla Regia et Chemtou, distants d'une vingtaine de kilomètres, et une seconde pour Aïn Draham.
