Héritier d’une lignée prestigieuse et gardien d’un patrimoine séculaire, Zied Gharsa est bien plus qu’un interprète. Né en 1975 à Tunis, il a grandi dans l’ombre tutélaire de son père, le grand maître Tahar Gharsa, lui-même disciple de l'illustre Cheikh Khemaïs Tarnane. Formé dès son plus jeune âge à la Rachidia, véritable temple de la musique classique tunisienne, Zied Gharsa a su transformer cet héritage familial en une mission de rayonnement international. Multi-instrumentiste virtuose — maîtrisant aussi bien le oud que le violon ou le piano — il incarne aujourd'hui la vitalité d’une musique que l’on croyait figée, mais qu'il parvient à faire résonner sur les plus grandes scènes mondiales.
La musique comme une transmission vivante
Pour Zied Gharsa, le Malouf n'est pas une pièce de musée, mais une langue vivante qui nécessite une rigueur absolue. Sa démarche repose sur une « archéologie sonore » : retrouver l’essence des noubas andalouses tout en les adaptant aux exigences acoustiques et esthétiques contemporaines. Il refuse la simplification et mise sur la complexité des rythmes et des modes (tab’s) pour toucher une audience universelle. « Le Malouf est notre identité profonde, mais il possède une dimension universelle par sa structure et son élégance », explique-t-il souvent lors de ses masterclasses.
À travers son enseignement et ses performances, il déconstruit l’idée d’une musique élitiste pour la rendre accessible sans jamais la dénaturer. Sa voix, d’une précision technique rare, devient l’instrument d’un dialogue entre les époques. Dans ses arrangements, il parvient à conserver la structure traditionnelle tout en insufflant une dynamique nouvelle qui permet à la jeunesse tunisienne et au public international de se réapproprier ce trésor national.

Une reconnaissance sur les scènes internationales
Ces dernières années, Zied Gharsa a franchi un nouveau cap en exportant le Malouf au-delà des frontières maghrébines. De l'Institut du Monde Arabe à Paris aux festivals de musique sacrée à travers l'Europe, ses tournées mondiales en 2025 et début 2026 marquent un tournant. Il a su séduire un public cosmopolite par la profondeur de ses interprétations et la majesté de ses orchestres. Ses récents concerts au Moyen-Orient et ses collaborations avec des ensembles philharmoniques témoignent de cette volonté de placer la musique classique tunisienne au même rang que les grandes traditions savantes mondiales.
Son talent a été salué par de nombreuses distinctions, mais c'est surtout sa capacité à remplir des salles à l'étranger avec un répertoire traditionnel qui impressionne. Ses performances sont désormais attendues comme de véritables événements culturels où la virtuosité technique s'allie à une émotion contenue, loin des artifices du spectacle commercial.

2026 : Un nouvel élan symphonique
Au printemps 2026, Zied Gharsa entame une série de concerts intitulée « Résonances ». Ce projet ambitieux propose une lecture symphonique du Malouf, où les instruments traditionnels dialoguent avec des formations orchestrales plus larges. L'objectif est clair : démontrer la puissance harmonique de la musique tunisienne et sa capacité à s'intégrer dans les circuits de diffusion les plus exigeants.

Cette tournée, qui passera par plusieurs capitales européennes et arabes, confirme sa position de chef de file. En mêlant ainsi rigueur historique et ouverture sur le monde, Zied Gharsa ne se contente pas de préserver le passé ; il construit l'avenir d'une identité musicale tunisienne fière, moderne et résolument tournée vers l'international.
